lundi 31 janvier 2011

Europe, années '30

"Elle ne descendait pas d'une dynastie, n'en avait pas fondé. D'elle la descendance s'échappait où elle la laissait aller, par négligence, par mépris souverain du capitale maternité ou par règle infrangible de la liberté qu'elle s'appliquait à elle-même, qu'elle avait inspiré à ses enfants par sa désertion souveraine."

Je suis ravi que soit enfin paru en poche la suite de "Dans la main du diable" que j'attendais avec impatience. Pas nécessaire d'avoir lu ce premier volume d'ailleurs: nous sommes 20 ans plus tard, les choses ont changés, les gens aussi et un nouvelle génération occupe le terrain.

L'histoire se passe en 1933 et embrasse large comme toujours avec Anne-Marie Garat: il y a plusieurs histoires éclatées, plusieurs thèmes, plusieurs romans. Remarquablement écrit, bien documenté, à la fois psychologique, d'espionnage, sentimental, d'aventure, social etc. Le livre est passionnant et dépeint en arrière fond une époque troublée, obscure, angoissante sous des dehors encore brillants, une époque ou les ténèbres se font plus menaçant de jour en jour. 

J'ai eu un peu de mal avec les premières pages parce que je n'étais pas dans une phase très "lecture" mais j'ai très vite été pris par l'intrigue et je me suis de nouveau très vite attaché aux personnages de Garat qui mêle toujours aussi bien le palpitant et la poèsie, le suspens et la vérité intérieure. Petite mention pour la couverture: le portrait de Gloria Swanson, magnifique, par Man Ray. 

Juste un détail qui risque d'ennuyer les dingues de parfums un peu maniaques: une des héroïne porte en 1933 un parfum de Nina Ricci.  Comme critique, pour un roman de 924 pages, ça reste fort léger...


L'enfant des ténèbres, Anne-Marie Garat, Babel , 2011

dimanche 30 janvier 2011

J'ai osé: N°19, vintage...

Finalement, après des angoisses, des hésitations, des scrupules, j'ai enfin oser tester le N°19 ancienne version.

La note de départ m'a semblé un peu altérée donc je ne la jugerai pas: elle ne ressemble pas à la note actuelle mais assez fort à la note de l'extrait de Miss Dior (qui se lance aussi dans un souffle de galbanum) daté des années '80 que j'ai longtemps, trop, puisqu'il avait un peu viré, conservé aimant moins la reformulation de 1992. L'iris est effectivement assez diffèrent: la version actuelle est toute soyeuse et très proche de la facette la plus utilisée actuellement, celle d'Hiris, d'Infusion d'Iris ou de Bas de Soie. En terme d'iris, je pense que tout le monde sera d'accord pour prendre comme référence l'Iris Silver Mist de Lutens qui donne une version très complète de cette matière. (Critique à venir) Il développe la facette métallique assez froide, la note soyeuse, la note poudrée et une autre note presqu'animale. C'est très précisément cette note que je retrouve dans le Chanel vintage: une impression de peau, peut-être du daim, très travaillée, très fine, au point qu'on doute quand on l'a en main et qu'on se demande si ce n'est pas du tissus. Du coup, le parfum se fond beaucoup plus dans la peau, perds ce coté conquérant de la version actuelle.

Et me voila en plein drame! Je le savais, je n'aurais pas du ouvrir la boîte de Pandore, je devais me tenir éloigné des vintages qui entraînent définitivement un manque, car maintenant je me demande si, oui ou non, il faut continuer avec la version actuelle du N°19, très belle pourtant, mais... 

samedi 29 janvier 2011

teenager...

Il y a des matins comme aujourd'hui ou j'ai envie de retrouver mon adolescence, pourtant pas la période la plus faste de l’existence, mais ou je lisais beaucoup et ou j'allais beaucoup au cinéma. Je suppose qu'aujourd'hui, on va moins au cinéma et on regarde plus de dvd...

Le livre qui a enchanté toute mon adolescence, non, ce n'était pas la recherche, c'était Madame Bovary, lu au moins une fois chaque année entre mes 14 et mes 25 ans; je peux dire que je le connais presque par coeur et qu'il m'a beaucoup influence. Flaubert de manière générale, mais ce roman là en particulier. Et je ne parviens pas à savoir si certaines décisions que j'ai prise ont été prise dans le but inconscient de coller au roman ou si le roman avait une telle portée universelle qu'il colle à la vie. Je reconnais que dans les deux cas, c'est plutôt un constat d'échec assez peu glorieux...

A cette époque de ma vie, je boudais assez la teen littérature et je l'ai redécouverte par après, tout ce qui peut aussi se nommer "roman d'apprentissage" ce qui fait quand même bien plus sérieux. La physique des catastrophes de Mrisha Pessl échappe à la définition car s'il reprend quasi tout les code du genre, il va plus loin et nous propose un jeu d'énigmes littéraires (chaque chapitre porte le titre d'un classique de la littérature) policière, etc. Je ne vais pas en dire trop... L'aspect psychologique de l'adolescence est bien présent, mais vu à travers le prime d'une adolescente qui semble trop mure, trop adulte, en avance... Comme souvent, c'est ça qui rend la chose intéressante, parce que sinon, la plupart des raisonnement ado sur 800 pages, ça tient assez peu la route pour faire un ouvrage "sérieux." Ce qui n'est pas du mépris envers l'adolescence de ma part, la vie en générale est sans intérêt couchée sur papier si elle n'est pas transfigurée par un auteur. Mais finalement, la lecture de l'adolescence est assez juste, puisque cette jeune fille trop mure pour son age, va se retrouver piégée par le monde des adultes qui la manipule faisant ainsi du roman une métaphore finalement assez juste. (Mais je ne peux vraiment pas trop en dire parce que ça gâcherait les rebondissement pour ceux qui n'ont pas encore lu le livre) Avec sa lenteur et ses accélérations brutale et déstabilisante, c'est vraiment un bon livre écrit par une amoureuse des livres.



Au rayon cinéma, j'ai envie de revoir The opposite of sex, renommé Sexe et autre complications pour la version française, ou Don Roos met en scène une Christina Ricci adolescente, blonde et séductrice cheap, bien décidée à faire son chemin dans sa vie de paumée en ravageant la vie des autres. Elle se présente d'emblée comme Dedee Truitt, 16 ans, n'ayant pas un coeur d'or, et voulant le contraire du sexe, un truc pour les ratés, qui crée des liens et de la douleur...La comédie est grinçante et ironique au possible, bien au delà du teen movie dont elle reprend les codes. Evidemment, pour Christina, que j'adore, c'est un contre emploi et elle y cassait son image de fille bizarre due à la Famille Adams et à son physique hors de normes hollywoodienne... J'avoue, je l'adore, j'aime son étrangeté, le fait qu'elle ne rentrera jamais dans aucun moule. Elle est tellement plus intéressante devant la caméra que ces clones de jolie fille dont on a l'impression qu'ils sont fabriqués à la chaîne dans une usine californienne, qui parviennent seulement à exprimer leur joliesse interchangeables. Mention spéciale à Lisa Kudrow, échappée de Friends, qui incarne une prof, coincée, psycho-rigide, aigrie, amoureuse du "veuf" de son frère: un prof homosexuel, qui a son lot de réplique grinçante et vacharde. Tous les personnages valent le détour, en fait, et il n'y a pas un moment ou on ne s'amuse pas.  Jubilatoire et jouissif.  


Marisha Pessl, La physique des catastrophes, Folio, 2008

The Opposite of sex, Sexe et autres complications, sorti en 1998, disponible en dvd. (Colombia Tristar)

mercredi 26 janvier 2011

Diana Vreeland

Le vilain petit canard  adorait la mode, avait le sens de la formule et celui du style. Diana Vreeland a démontré comme personne qu'il valait mieux avoir de l'Allure que devenir un cygne. 


lundi 24 janvier 2011

Extases, Pompadour et décalage…

Par la poste, sous pli discret, m’est arrive, merci Dr Jicky, non pas un quelconque sex toy, d’ailleurs, depuis Sex & the City, ce genre d’article va s’acheter pendant la pause déjeuner entre copines et se commente le lendemain à la pause à café, si tant est qu’en 2011 on achète encore des sex toys ? J’ai donc reçu, quelques gouttes de N°19 en extrait vintage. Depuis, je délire de bonheur, je suis Hérode devant Salomé ôtant ses voiles, Sémélé terrassée par la splendeur de Zeus, un saint médiéval contemplant la face de Dieu, etc. En principe, vous avez compris l’idée, mais c’est au point que je n’ose ouvrir le flacon, j’ai juste pensé à le mettre à l’abri ; j’ai d’abord pensé au coffre, mais si je sais ou est la clef, je sais aussi qu’elle est franchement difficile d’accès et par contre, je ne sais plus très bien ou se trouve le coffre, ensuite, j’ai songé au frigo, lieu idéal, sombre et frais, pour conserver des parfums mais je me méfie de la femme de ménage… Oui, c’est un peu délirant, je le conçois.

Au passage, j’en profite pour commenter l’illustration : Jupiter et Sémélé par Gustave Moreau, que j’adore et je recommande vivement la visite de sa maison musée : c’est un vrai grand moment, que l’on aime ou pas son œuvre : il y règne vraiment une atmosphère. (Détails : ICI)

Évidement, c’est ce genre d’attitude qui m’a valu il y a peu de me faire traiter de Pompadour sur un ton assez méprisant. J’ai bien sûr répondu que j’y voyais un compliment, adorant la chère marquise, ce à quoi il fut répondu que pas du tout, bien du contraire, qu’elle était le symbole de tout ce qu’honnissait mon interlocuteur: rococo, décadent, pompeux, futile, colifichet etc. alors qu’il y a dans le monde, de vrais problèmes et de vrais enjeux, comme l’écologie, la démocratie, les droits de l’homme, etc. Le tout n’était même plus méprisant mais débité avec une tête de Méduse destinée à me pétrifier.  J’aurais pu répondre que tous ces grands principes nous venaient des Lumières qui étaient bien reconnaissants de sa protection à la chère Marquise : Voltaire qui lui devait sa pension royale, Les encyclopédiste qui avaient pu rentrer dans leurs frais en publiant leurs illustrations grâce à l’autorisation royale qu’elle avait sollicité pour eux, etc. Sans oublier que cette femme de goût en avance sur son temps avait déjà commandé un mobilier à la grecque, tournant le dos au rococo, en bourgeoise instruite, de bon ton, en avance sur son temps qui apporta sa culture et son progrès à la cour de France. J’aurais pu. Mais j’ai laissé glisser. Et me suis demandé, futilement en quel parfum j’aurais vu cette belle marquise…
(Pour reparler d’illustration : les pastels de Maurice Quentin de la Tour sont à voir absolument au musée du Louvres, j’en suis personnellement littéralement amoureux !)

En partisan de la théorie des contraires et du décalage, pour une femme ainsi parvenue au sommet de toutes les ambitions, j’aurais assez bien vu une violette symbole de modestie. (Celle de Penhalgon’s est ma préférée, poudrée, en contexte un peu terreux)

Je ne vous ai jamais parlé de ma théorie du décalage ? Disons que d’après moi, certains parfums s’associent trop naturellement à certaines tenues ou circonstances et que jouer le total look peut être une posture amusante, très arty, mais qu’il est dans la vie quotidienne de meilleurs ton de décaler ou d’opposer tenue et parfum. Mon cher, très cher N°5 par exemple, je suis persuadé qu’il en a marre des tailleurs, colliers de perles et carré Hermès. Je suis même certain qu’il méprise autant que faire ce peut cet éternel 2.55 auquel certaines persistent à vouloir le marier. Lui, ce qu’il voudrait, c’est être porté avec des marinières et des marcels Petit Bateau en vacances au bord de la mer.



Et Opium ? Déjà, il n’avait pas trop aimé la collection chinoise qui accompagnait sa sortie, mais bon, ça faisait parler de lui, alors pourquoi pas ? Mais quand on lui a présenté Jerry Hall en robe de vamp lamée or, il a su qu’il était foutu et qu’il allait souffrir. Parce que ce qu’il aime, ce sont les costume de la collection Rive Gauche, ceux qui ont des rayures de banquier. Parce que, ça sert à quoi un parfum de vamp sur une fille dont tout crie « torride » ? Ça ne sert à rien !

En revanche, l’Eau sauvage, elle n’en peut vraiment plus des costume de banquier, non, elle, ce qu’elle veut, c’est aller loger sa fraîcheur et son innocence, son coté bien comme il faut et chic sans faute pour gendre idéal, au creux d’un soutien-gorge balconnet histoire de raconter qu’ici monsieur, on a du charme mais que ça ne veut pas dire pour autant qu’on est une vulgaire chaudasse !

En gros, l’idée, c’est quand même qu’il faut toujours un peu décaler le jeu, c’est plus amusant et parfois, ça calme. Et un parfum un peu élégant peut vous faire monter la plus simple des tenues d’un cran. De même qu’un parfum frais, léger, tout simple, peut éviter un aspect un peu poseur/prétentieux… Donc, vive les femmes fatales en parfums de nones et les jeunes filles sages parées de sensualité : Souvenez-vous de Catherine Deneuve en Belle de Jour portant l’Heure Bleue !

mardi 18 janvier 2011

Iris

Peut-être que je prends mes désirs pour des réalités, mais il me semble assister à un net retour de l'iris, ma fleur préférée avec la violette qui lui est si proche. Je me parle pas des créations et sorties, depuis Dior Homme (pourtant pas si réussi d'après moi: un très beau départ et puis...) mais de ce qui est porté autour de moi. Le N°19 me semble faire une percée en force de même que l'infusion d'homme de Prada. D'après moi, une très bonne nouvelle.

J'ai en effet tendance à penser que l'iris ne fait jamais cheap, probablement à cause de son prix qui le rend plutôt élitiste, contrairement à la rose par exemple qui a parfois été très maltraitée, associée à tout et n'importe quoi. Et pour moi, c'est vraiment une matière souveraine, à peine une fleur d'ailleurs puisque c'est le rhizome qu'on utilise, qui permet vraiment toute les variations, des plus austères aux plus baroques, à la fois légère, imposante, poudrée, fleurie, grasse et riche, presque fraîche...

Pour moi, c'est aussi un souvenir d'enfance: le carré d'iris jaunes et violets dans le coin le plus chaud du jardin de mes parents, ou j'étais certain de trouver Hugo le chat noir qui devenait brûlant sous la morsure du soleil et Caroline, la tortue, sa compagne de paresse.

dimanche 16 janvier 2011

retour sur la bouteille verte...

Il y a vraiment des parfums qu'il faut essayer à toutes les saisons et A Scent en fait partie. Je savais que l'acheter en mai était un peu bête car c'est en hiver que je préfère ce genre de parfum, mais il se trouve que j'en avais vraiment envie, que c'était mon anniversaire et que je ne pouvais pas attendre.

Le porter dans le froid est effectivement merveilleux et le fait passer de simple parfum frais et agréable à petite merveille qui porte en elle le germe du printemps et des joies à venir. Le parfum reste cette vaste étendue verte sous un ciel bleu très pur avec des arbres dans le lointain mais j'y perçois beaucoup mieux la facette fleurie qui perce à peine pour moi lorsque la météo est douce. Ce n'est toujours pas le bouquet que je contemple, non, c'est plus abstrait, plutôt une étoffe soyeuse et caressante d'une pale couleur mauve dans laquelle m'envelopper. Il y a vraiment une impression de grande douceur qui débarrasse le parfum de tout ce qu'il peut avoir d'acerbe, presque de métallique. C'est assez amusant parce que c'est un peu le contraire des autres verts que j'ai porter en hiver qui me semblaient plus net, plus vif encore dans l'air clair et transparent de l'hiver. Les ventes d'A Scent ne semblent toujours pas démarrer et c'est bien dommage car c'est vraiment un parfum rare à découvrir et à aimer avec son chic certain, sa véritable originalité et sa beauté évidente et assez charmeuse sous ses airs glacés.

A Scent, Daphné Burgey pour Issey Miyake, 2009

vendredi 14 janvier 2011

Amande - Odalisque


Plus je sens cette Amande Persane de Roger & Gallet et plus je l'aime. Ce lait pour le corps est un véritable enchantement, quelque part entre la note d'amande amère d'Hypnotic Poison (sans la vanille) et la poudre du Bois Farine de l'Artisan parfumeur, qui commence sur la peau de façon gourmande, amandée effectivement, façon colle blanche en petit pot de l'enfance, celle que j'avais du mal à ne pas manger,  et se termine en poudre savonneuse absolument délicieuse. Un vrai parfum de peau, avec de la tenue, qui n'a pas de sillage puisque je n'utilise que la ligne pour le corps mais une vraie tenue qui imprègne les vêtements. Comme le truc de Roger & Gallet est de proposer une ligne bien-être plutôt que des parfums, c'est effectivement une note très cosmétique/propre qui donne mieux en lait qu'en cologne. Et je ne me prive pas des voluptés proposées, jouant les odalisques coquettes et voluptueuses façon Ingres, prenant mon temps dans la salle de bain, encore plus maintenant que c'est l'hiver, trouvant toujours plus de plaisir à cette Amande Persane décidément fort bien faite et dont on ne parle peut-être pas assez parce qu'elle manque de chic, ne venant pas d'une "grande" maison luxueuse etc. Franchement, elle mérite qu'on lui donne sa chance, car elle est d'une jolie qualité et n'a vraiment pas à rougir devant les autres gourmandises à la mode en ce moment. 

Amande Persane, Delphine Jelk pour Roger & Gallet, 2010

mardi 11 janvier 2011

lundi 10 janvier 2011

Envies d'été. Déjà.

En expédition dans les boutiques, sans envie, sans désir comme c'était le cas depuis un bout de temps, temps de déceptions modeuses, en passant devant le corner aussiBum, une révélation se fit à moi. Oui, devant les maillots de bain et les sous-vêtement, l'Esprit de la Mode souffle ou il peut en l’occurrence pour moi c'était devant les création de la marque australienne qui monte, qui monte, avec ses dessous pour garçons bien fichus (aucune marque ne crée jamais vraiment pour les gens moches) revendiquant ses origine australiennes en misant plus sur le coté surfer, la mer bleu en arrière-plan des publicités et un coté fun, joyeusement coloré, complètement décomplexé plutôt que sur la mode ou l'élégance. D'après ma copine Régine qui vit là-bas, l'Australie n'est PAS le pays du chic absolu: voir ICI)

Alors que les boutiques alignent généralement du noir à longueur de portant entrecoupé de taches blanches et parfois d'une tache de couleur, Je me trouvais face à une explosion de coloris ou le noir et le blanc n'était que des nuances parmi d'autres. Et surtout, j'avais l'oeil tiré par le rouge et le bleu. J'avais bien lu un article qui nous annonçait le retour des couleurs vibrantes pour l'été mais qui parlait de vert, de violet et d'orange. Mais il se trouve que le vert me fait le teint ... vert, le violet me donne mauvaise mine et l'orange, disons juste que je déteste. Presqu'autant que je déteste le jaune. Donc, je me disais déjà que c'était reparti pour une saison bassement utilitaire en noir. Et puis finalement, non. grâce aux maillots de bain australien, je sens bien que je vais de nouveau m'amuser un peu. 


En rouge pour commencer parce que c'est LA couleur par excellence. (Cfr les ouvrages de Michel Pastoureau  aux édition Seuil) Ma couleur, celle qui me fait vibrer et me met de bonne humeur. La couleur qui éclabousse tout sur son passage: une petite touche et tout prend une autre dimension. il suffit d'une écharpe et d'un sac pour changer une silhouette, le rendre gaie, joyeuse. Et hop: je ressort mon foulard géant Agnès B et mon Speedy. Ok, tout le monde n'a pas un Vuitton Rouge vif dans son armoire, mais ça marche aussi bien avec un sac Adidas ou Fred Perry, la marque, on s'en fiche. 
Et puis, le bleu, bien sûr. Parce que le bleu, c'est facile, simple et joyeux; ça va avec tout, oui, même et surtout le noir; depuis que Yohji Yamamoto l'a fait il y a 20 ans, c'est chic. Marine et noir, on l'a dans l'oeil depuis des lustres avec l'association petit pull noir et blue jeans. Il y en a qui n'osent toujours pas, pourtant, ça va très bien. Mieux que le rouge et noir à mon avis, bien joli mais un peu fatigant avec ses connotations dramatiques. Le bleu, ça fait exotique, asiatique et forcément un peu marin, grand large que ce soit le bleu Saint- Tropez de Colette ou Sagan ou le bleu Balbec de Marcel Proust dont je relis souvent les passages relatifs à la mode dans les Jeunes Filles en Fleur ou Elstir explique l'élégance moderne d'Albertine et ses amies, qui semble inspirée des Yacht, des choses simples mais luxueuses de la mer. 


Forcément, aussi, il y aura le blanc. Et la toile, j'ai envie d'un été coloré mais nonchalant. Rien de précieux, de prétentieux, de bling, par pitié! Et donc, forcément aussi le marin. Toujours indispensable. Parce que Chanel l'a porté. Pablo Picasso aussi. Et que c'est sublime sur Ines de La Fressange (qui nous gratifie d'un livre à couverture rouge justement sur l'élégance toute simple comme elle sait faire: la Parisienne, Flamarion, 2010) et sa fille Nine dans les pages du Elle.





dimanche 9 janvier 2011

Françoise Sagan

Bonne surprise en tête de gondole des librairies: un livre sur Sagan. Un livre de photos et un peu de texte qui nous rappelle sa vie et que son oeuvre n'est pas anecdotique. J'aime beaucoup Sagan, depuis toujours.

Son écriture à une légèreté qui n'est qu'une forme de politesse, une gentillesse parce que ça ne se fait pas d'emmerder les autres avec ses problèmes, de les incommoder en mettant ses tripes sur la table, alors, Sagan évoque, effleure, reste à la surface et se contente de faire apercevoir l'abîme sans nous plonger dedans; ce qui ne devrait pas en faire pour autant un écrivain léger, facile, comme on le dit trop souvent. Il y a chez elle une vraie grâce, un véritable charme, dont elle s'est servi pour faire le portrait de son époque, avec ses souffrances et ses contradictions. Elle était moderne dans ce sens qu'elle représentait quelque chose qui était "de son temps" et classique parce que son style n'a pas vieilli et que ce que certain appelle l'âme humaine n'est pas si changeante finalement.

J'aime beaucoup ses photos: on y voit sa modernité dans cette époque compassée des année '50 ou elle naît à la littérature et à la vie publique: il y a les clichés d'une Françoise bourgeoise en tailleur et perles: ces images ou elle semble si godiche, empruntée et puis il y a les autres images, celle qui nous montrent une jeunes fille qui pourrait être d'aujourd'hui: une Françoise garçonne, en pantalon et chemise d'homme ou gros pull, une Sagan qui vit sa vie, libre, loin des conventions étriquées. Pas nécessairement une Françoise heureuse, on le sait.

Il faut redécouvrir ses livres: comme son allure, ils n'ont pas vieilli. Ils peuvent encore nous toucher comme me touchent encore ses interviews dont il est facile de se moquer à cause du débit saccadé, du bafouillement de la timide, mais qui lorsqu'on leurs prête vraiment attention, révèlent une femme cohérente, intelligente, lucide et profondément gentille: jamais Sagan n'a été rude, agressive, ne s'est autorisé un bon mot qui reposait sur une méchanceté alors que c'est si facile. Une leçon qu'elle pourrait donner à notre époque.

Françoise Sagan, racontée par Geneviève Moll, La Martinière, 2010


Blocage: Albertine disparue

Voila un bout de temps que je n'ai plus parlé de livres et plus particulièrement de Marcel Proust qui reste cependant l'une de mes idées fixes. Pour une raison toute simple qui me fait grandement honte: j'ai recommencé Albertine disparue et je bloque. Rien à faire, cette partie de l'oeuvre me reste fermée et je n'arrive à entrer dedans.

Je me suis un instant dit que c'était parce que je n'avais pas souffert assez, puisque c'est le roman du deuil, de l'absence, mais comme explication, c'est un peu facile et toute la Recherche tournant autour de ce thème devrait restée fermée Mais c'est vraiment cette partie là qui... Je ne vais pas insister et y reviendrai plus tard, dans quelques années, qui sait?  Avec la Prisonnière, c'est ce que j'ai fait et cette partie s'est finalement ouverte à moi par une sorte de magie, un sésame qui me reste un peu inconnu même si j'ai des pistes... Ne pas se livrer trop vite, c'est peut-être une caractéristique des grandes oeuvres? Et savoir qu'il reste toujours quelque chose à découvrir, une partie du plaisir?

Je l'ai lu, relu et ne me la suis toujours pas appropriée. Honte sur moi peut-être, mais c'est comme ça. 

mercredi 5 janvier 2011

Alors, on jette? oui, bon, mais quoi?

C'est un peu la réponse à une question: liquider des parfums qui encombre mon armoire... Oui, mais lesquels. Et surtout, pourquoi?

Les grands orientaux. J'avoue, j'admets, j'ai presque honte, mais parmi les classiques d'entre les classiques, il y a le diptyque des années '20 Shalimar pour les garçonnes en lamé or et Habanita pour les garçonnes en blouson de cuir, auxquels j'ajoute l'Opium, oui, la version originale de Saint Laurent, pas le flanker sans intérêt. J'ai aimé l'Orient avec passion lorsque j'étais plus jeune en passant de façon complètement schizophrène à l'opposé du spectre olfactif: les verts! Si le vert est resté à mon goûts, les orientaux, les épicés, ne me plaisent plus que sur les autres. J'aime les sentir autour de moi, mais pas sur moi. Peut-être aussi parce qu'il ne me rajeunissent pas. Ni ne m'amincissent d'ailleurs.
Georges Barbier
Dans le même esprit, JHL, surprenante incarnation masculine de Youth Dew qui fait pâlir de honte l'Opium pour homme qui essaye de se faire passer pour oriental. Déjà éliminer: mon fond de Bornéo 1834 édition Palais Royal, merveilleux patchouli dans une ambiance boite de chocolat ouverte dans une serre exotique, mais voila: je ne supporte plus le patchouli. Trop utilisé aujourd'hui pour des senteurs cheaps et écoeurantes? Oui, ça a joué, sans doute.

Les parfums qui ne sont plus moi. Nous nous sommes beaucoup aimés, mais... 

Déclaration de Cartier. Beau, net, piège à compliment que je trouvais facile à porter mais que je n'envisage plus de mettre peut-être à cause de son fond trop lourd si troublant sur d'autres. 

Blenheim Bouquet de Penhaligon's: sublime eau de toilette masculine, parfaitement lisible, d'un bon goût infaillible, d'une puissance contenue, évident, mais... trop gentleman ou trop farmer pour moi? Je n'ai pas le genre tweed, ça doit être ça. Ni la carrure. Vraiment, j'ai honte, mais non, je ne finirai pas le flacon.

L'Eau Sauvage. Mon premier parfum. Le grand classique vers lequel je me suis tourné encore et toujours. Impossible de jeter ou donner le flacon, je prends vraiment du plaisir à le sentir, mais ne parviens plus à m'imaginer sortant revêtu de cette odeur. Le déclic a probablement du se produire il y a quelques années lorsque je me suis adonné aux délices de l'Eau d'Adrien d'Annick Goutal, autre relecture de la Cologne traditionnelle, tellement plus naturelle et plus facile.

Un gros doute chez Goutal: Ninfeo Mio qui m'a enchanté l'année passée mais semble avoir perdu ses sortilèges à mi-flacon. Ai-je fini par me lasser de cette figue parce que je la trouvais trop commerciale? De ce vert parce que je le trouve un peu trop facile?

Autre vert qui me pause question: l'Eau de Campagne. Impossible de m'en séparer mais pareillement, je ne la porte plus et m'interroge au sujet de ce vrai parfum qui se fait passer pour une Cologne. J'en perçois toute la beauté pourtant. En aurais-je fini avec le vert aussi finalement?



samedi 1 janvier 2011

Une nouvelle année, ça veux forcément dire des souhaits et des bonnes résolutions qu'on tiendra avec plus ou moins de vigueur, le degrés de raisonnabilitude de la résolution pouvant jouer sur la vigueur. Quoique. Forcément aussi, de mon coté, les résolutions sont plutôt orientées look et beauté et pour cette année, j'aimerais...

Acheter moins et acheter mieux, plus économique et plus pratique surtout. Avec comme ligne de conduite: le meilleur et rien d'autre. Coté parfum, dans l'absolu, je devrais me limiter aux chiffres de Chanel qui sont à peu près les seuls dont je ne me lasse pas et dont je finisse les flacon de bon grès. (Avis à la population: il y a de bonne affaires à faire dans mon armoire à parfums: je porte parfois très peu et je donne volontiers) Coté fringues, je devrais vraiment faire des effort pour n'acheter que quand je vire un truc de ma garde-robe, même si en disant ça, je me rends compte que je risque de jeter des trucs en bon état auxquels je risque de trouver soudain des défauts... Disons que je ne devrais plus acheter pendant mes temps de midi, juste repérer. Quid des boutiques que je ne sais visiter que pendant midi? Bon, on verra, encore une bonne résolution plus ou moins élastique... Et pareil que pour le parfum: ne se contenter que du meilleur fait aussi économiser dans les vêtement. Bon, disons d'un minimum de qualité. 

Et coté soins? Me limiter aux valeurs sûre et ne plus essayer? Certes, j'économiserais, mais ou serait le plaisir? Me limiter aux quelques marques que je trouve fiables? Me limiter à un secteur genre: la pharmacie? Non, non, non, non. Pas d'économie de ce coté-là. Des masques, ce que je n'ai pas assez fait dernièrement. Plus de lait et moins de mousse aussi! Et redécouvrir des marques un peu délaissées ces derniers temps alors qu'estampillées valeurs sûres: Valmont et Sisley. 

Et le sport, bien entendu, m'y remettre sérieusement. Grâce à Norbert (qui ne s'appelle pas Norbert mais devrait, espèce de coach, trainer, moniteur, comment dire maintenant?), c'est sur la bonne voie: il m'as fait mourir en 25 minutes comme jamais. J'ai redécouvert ce que c'était de faire des abdos, chose particulièrement haïssable et pourtant complètement indispensable dès qu'on a passé les... (19 ans et demi?) En terme d'objectif sur un an, perdre une taille de pantalon et voir remonter mes fesses de deux centimètres est-il raisonnable. (J'ai tendance à grossir façon J-Lo...) Je n'aime pas trop parler en termes de kilos, je trouve que ça ne veut rien dire. Ce qui m'agace vraiment, c'est que je suis incapable de me voir avec un peu de rondeur (je fais une taille 38 et je geins!) mais que je trouve des gens franchement gros vraiment très beau comme ça... Triste, mais banal. Bon, au moins, je ne suis pas naïf au point de penser qu'une crème miracle peut faire dquelque chose pour moi. Idem pour les appareil miracles vendu dans les téléshopping que je peux regarder avec une espèce de passion malsaine en me demandant qui peut bien être assez benêt pour acheter ce genre d'attrape-nigaud. La salle de sport m'a presque servi d'excuse pour acheter du parfum d'ailleurs: Je n'ai rien pour ce genre de circonstances... Je sais, c'est pathétique. Quand je vous dit que je dois être raisonnable. (Quel vilain mot quand même!)